Romy Schneider ou le souhait d’être aimée
Romy Schneider ou le souhait d’être aimée

Elle n’aimait pas ses mains. Dans une célèbre photographie de Robert Lebeck, prise lors de son séjour à Quiberon, elle se laisse capturer avec sa main à plat sur sa joue droite. On regarde la photo. Ses doigts se terminent par une cigarette avec de la cendre, son regard se noie dans une mélancolie bleu-vert, sa montre fine s’accroche à son poignet pour retenir le temps. Romy Schneider jugeait ses mains épaisses. Elle sortait sans maquillage, les cheveux en liberté. Elle pouvait exposer ses défauts. Dans la rue, les passants la reconnaissaient rarement. Le réalisateur Claude Sautet fut le seul à faire vivre, avec acuité, sa part masculine et sa part féminine sur grand écran. Quand Romy Schneider séjourne en Bretagne, en avril 1981, elle est alors âgée de 42 ans. Elle lutte contre la dépression, mais elle croit toujours au bonheur de vivre. Dans la même série de photos, sur la majorité des clichés, elle rit aux éclats. Pour évoquer Romy Schneider, il faut raconter les deux : une tresse serrée de larmes et de rires.